Réunis hier matin autour de la famille du défunt, de nombreux camarades de sport, d'école, de quartier, d'amis et une foule de Genésiens étaient présents aux obsèques
Il n'est pas encore 10 h 30 et l'église est pleine à craquer ce samedi matin. Sur le parvis, des dizaines de personnes se massent. On demande le passage pour laisser entrer le cercueil suivi des membres de la famille. La messe d'obsèques du jeune Philippe Celle débute et l'émotion est là, le chagrin aussi. Il y a tous ceux qui ont « fait un bout de chemin » avec le jeune homme, pour reprendre l'expression du père Pichon. De nombreux jeunes, notamment de la commune et des environs. Il y a là tous ceux que la vie a amenés à rencontrer un membre de la famille. Et puis il y a celles et ceux qui ont tenu à se déplacer pour apporter leur soutien à une famille dans l'épreuve. Devant l'autel est posé un portrait de Philippe. Tour à tour, ses copains, ses s½urs retracent la vie du garçon. Durant quelques instants, ils font revivre sa bonne humeur, son goût pour la vie. On évoque l'école, le collège, son amour pour la nature. On parle de ses qualités de sportif, de footballeur. On parle de cette « mobylette » que tout le monde semblait connaître à Saint-Genest. Évocations déchirantes du parcours d'un jeune homme armé pour tracer son sillon dans la vie, un sillon brisé par une « mort incompréhensible » dira un intervenant. Ici et là dans l'assistance, au fur et à mesure qu'avance la cérémonie, les sanglots ne sont plus retenus. Trois jeunes filles quittent l'église, les yeux embués. L'épreuve vécue par la famille est abordée : « Ils ont toujours gardé espoir ».
Et puis vient le moment, où, sur la chanson de Jean-Jacques Goldman « Confidentiel », tous les copains et copines forment une chaîne autour du cercueil. C'est un moment de recueillement, qui symbolise bien le mouvement de solidarité dégagé par cette cérémonie. La messe s'achève, le cercueil est porté sur le parvis ensoleillé où se trouvent des centaines de personnes. Philippe est enfin accompagné jusqu'à sa dernière demeure. Le corps de Philippe Celle a été retrouvé par un cultivateur le 29 avril vers 17 h 30, près du hameau Le Sapillon, à Tarentaise. Il a été formellement identifié le lendemain (1). Le jeune homme, né en juillet 1988, avait quitté une soirée anniversaire à laquelle il participait salle des fêtes de Tarentaise, dans la nuit du 20 au 21 décembre dernier. Ses amis ne l'avaient plus revu. Alertés par la famille, le dimanche après-midi, les gendarmes avaient entrepris des recherches. Sans succès. Diffusion de photos, ratissage du terrain par les pompiers, les gendarmes, et de très nombreux bénévoles, des moyens d'envergure avaient été mis en place. 200 personnes avaient été auditionnées. Toutes les hypothèses étaient alors envisagées quant à cette disparition.